Naissant d’un bouillonnement océanique fécond, la vie pour se maintenir a dû lutter contre le temps. La reproduction lui a permis de relever le défi : la parthénogenèse « inventée » par les organismes vivants primitifs a permis la reproduction des êtres à l’identique.

L’évolution, dans un deuxième temps, a changé la donne en accédant au processus de procréation où deux êtres différents donnent naissance à un troisième aussi différent. A ce niveau, le hasard et la surprise sont les maîtres du jeu pour créer un individu imprévisible. La procréation est donc cet espace où l’être humain fait l’expérience que la créativité est, paradoxalement, une perte de maîtrise.
Or, dans le charivari des fantasmes qui agissent l’être humain, la quête de la toute-puissance insiste à se faire valoir. De tout temps les êtres humains ont cherché à maîtriser le processus de la procréation pour toutes sortes de raisons, familiales, sociales, politiques, religieuses, économiques et scientifiques…
Cette illusion les a parfois abusés au point de perdre de vue l’essentiel : l’être désirant qu’est le petit d’homme naissant. Or, c’est bien cette personne là qui est tout de même au centre du jeu et de l’enjeu de la procréation. Il s’agit bien dès lors de notre responsabilité engagée de façon irréfutable par la première respiration du nouveau-né vulnérable.
Pris dans la vague des évolutions sociétales et techniques, le bébé qu’il soit considéré ou non comme une personne, est devenu le champ d’application où chacun fantasme d’exercer son pouvoir. Mais tous ces nouveaux pouvoirs sont tenus moralement d’anticiper l’impact de leur savoir et il convient de questionner ce qui est en jeu derrière cette quête de maîtrise.
En effet, si la maîtrise exclut la surprise, elle fige la dynamique créatrice de la vie ; allons-nous « régresser » en revenant, grâce aux manipulations génétiques, de la procréation vers la reproduction ? Il est évident qu’il ne s’agit plus de s’autoriser telle ou telle avancée aujourd’hui, mais d’avoir d’ores et déjà l’intuition de ce que sera l’individu de demain.

A l’occasion des 20e RENCONTRES de PERINATALITE de BEZIERS, nous vous proposons de tenter un bilan des évolutions principales observées dans l’abord de la période périnatale au cours des dernières décennies. Puis en reconnaissant au petit d’homme sa place et son historicité en qualité de citoyen du monde, nous essaierons de projeter le futur du bébé et le bébé du futur…

Nom   Sujet

Marie-France MOREL

« Enfants d'hier, histoire et représentations »

Patrick BEN SOUSSAN

« On n'a pas tous les jours 20 ans... Que sont les bébés devenus ? »

Charlotte CASPER

« Quelle est la place des parents d'un enfant hospitalisé en néonatalogie »

Nathalie DUPARC-ALEGRIA, Sonia GUILLAUME, Marie-Dominique THAURY, Magalie MEUSNIER

« Les soins d'hier et d'aujourd'hui en néonatalogie au travers de la réflexion des soignants »

Sylviane GIAMPINO

« Mettre les enfants aux normes : fantasme et réalités »

Albert JACQUARD : interview filmée

« Accueillir le bébé, accueillir la vie, accompagner le devenir... »

François VIALLA, Lucile LAMBERT-GARREL

« Du possible au souhaitable : regards du juriste sur la procréation »

Laurent JANNY

« Les progrès de la Biologie de la Reproduction doivent- ils céder à tous les souhaits de l’individu ? »

Michel TEBOUL

« Pourquoi l’IVG dans la vie des femmes? »

Myriam SZEJER

« L’enfant et l’aide médicale à la procréation. »

Bernard GOLSE

« A propos de l’enfant et de l’enfance Quelques questions à l’enfant culturel ou mythique »

Béatrice JACQUES

« Quand la technique échappe aux médecins »

Paul BOUSQUET

« Quand les expositions chimiques prénatales dans l’environnement domestique altèrent le développement neurocomportemental de l’enfant. »