Fragilité, vulnérabilité, précarité sont des vocables devenus récurrents dans les discours médicaux, sociaux, éducatifs et psychologiques.

Ils prennent une acuité particulière lorsqu’il s’agit de la période  périnatale. Celle-ci est faite de remaniements psychologiques importants qui déstabilisent et  fragilisent les équilibres préétablis. L’environnement devient alors capital : il peut amoindrir ou aggraver la vulnérabilité.
Or, la façon dont une société accueille et traite la fragilité des bébés et de leurs parents reflète la manière dont plus tard elle prendra soin de ses citoyens..
Depuis que les avancées médicales ont rendu de plus en plus certaine la survie des bébés, le «  futur citoyen » a pris un grand intérêt  pour l’ensemble de la société.  Ainsi son devenir mais aussi sa place, son profil et la façon dont on doit  « gérer » ses interactions font l’objet d’une mise en forme « normée ».  Cette norme est parfois définie par des instances dont le souci ou le fantasme est celui de l’épanouissement du sujet, mais parfois elle est définie par des instances dont le souci est tout autre, économique voire marchand.
Or ces normes finissent par proposer un idéal d’enfant auquel les parents sont priés de se référer dans leurs actes éducatifs et plus généralement dans leur vie relationnelle avec eux.
La fragilité apparaît alors comme la difficulté ou l’impossibilité à se conformer à ces normes. Elle peut devenir un facteur d’angoisse puissant pour les familles au point de déclencher l’apparition de troubles particuliers : la normopathie : la certitude que tout va mal alors qu’apparemment tout va pour le mieux.

  • Que se joue-t-il donc maintenant autour des bébés et de leurs parents ?
  • Comment les différents pouvoirs médicaux, sociaux, éducatifs, psychologiques…. économiques et politiques influencent-ils ou fragilisent-t-ils le devenir de la maternité ?
  • Comment définissent-ils des pratiques où le respect du sujet n’est pas nécessairement le premier souci ?
  • De qui le bébé et ses parents sont-ils « l’obscur objet du désir » ?

Comme à l’accoutumée nous proposerons au cours des XIXe RENCONTRES NATIONALES DE PERINATALITE de confronter les diverses disciplines pour réfléchir en trois temps :

  • faire un état des lieux des pratiques autour de la naissance,
  • tenter une analyse de ces pratiques : leurs origines, leurs conséquences,
  • envisager des axes de réponses possibles.
Nom   Sujet

Michel MAESTRACCI

« Afflux des nouveau-nés aux Urgences : un constat d'échec de la Maternité ? »

Saül KARSZ

« Le bébé est une personne... politique? »

Albert JACQUARD

«Propos sur la fragilité »

Serge VILALTA

« L'hôpital entre approche médico-économique et éthique des soins »

Sophie MARINOPOULOS

« De l'impensé à l'impensable »

Didier SICARD

« Accueillir ou faire naître »

Bettina BORM, Emmanuelle BRIECHLE

« Les Maisons de Naissance : état des lieux en Allemagne et perspectives en France

Christine LIEB, Anne-Marie JUNQUA et Mireille GALTIER

« On a envie d'avoir un bébé. (réseau autour du handicap mental et de la maladie psychique) »

Chantal BIRMAN

« Femme accouchante, femme accouchée : une fragile toute puissance. Point de vue d'une sage-femme »

Paul CESBRON

« Soignants, ne gênons pas trop le bébé, il doit accueillir ses futurs parents »

Aline FERRINI, Delphine MOULET, Katia VERGES

« L'entretien prénatal n'est pas un entretien sans failles »

Jean-Claude LIAUDET

« Puissance de la fragilité, fragilité de la toute-puissance »

Jocelyne BONNET

« Les rites d'accompagnement de la femme enceinte fragile »